Boom de l´industrie du diamant synthétique

Les vacances sont en général la saison où les couples se fiancent. Avec l'arrivée sur le marché des diamants de synthèse, l'industrie du diamant traditionnelle est menacée. Les bijoutiers de New York restent mitigés sur les mérites de ces nouvelles pierres parfaites.

Bien que la récente crise financière a affecté les ventes mondiales de diamant, les tailleurs de pierres précieuses continuent leur travail de transfomation de pierres brutes en oeuvres d'art. Mais la pierre que cet homme polit ne provient pas d'une mine de diamant du Bostwana, de la Sierra Leone ou d'Afrique du Sud, mais d'un laboratoire des Etats-Unis. Gemesis Corporation à Sarasota, produit des diamants depuis 2002. Pratiquement inconnue du grand public, cette entreprise est spécialisée dans les diamants jaune vif et orange, extrêmement rares dans la nature.

Ronnie Vander Linden (Président de Pintura Diamonds):
"Un diamant est créé. C'est du carbone. Il a été créé par Mère Nature, après des milliers de pressions sous la terre, pendant des centaines de millions d'années avant qu'il n'atteigne la surface. Dans un laboratoire où ils sont produits par Gemesis, il leur faut 4 ou 5 jours pour grandir."

Une pierre synthétique finie se vend à environ un tiers du prix d'un diamant de mine. Selon Vander Linden, les pierres élevées en laboratoire sont identiques à celles que l'on trouve dans la nature. En dépit de promotions alléchantes, la plupart des vendeurs newyorkais du quartier des diamants ne vendent toujours pas ces produits créés par la main de l'homme. Si vous les mettez côte à côte, les diamants synthétique et naturel sont quasiment identiques. Les commerçants sont partagés car un prix bas est attractif. L'industrie du diamant synthétique en est encore à ses débuts, malgré une croissance régulière ces 10 dernières années. Sa part de marché sur les 60 milliards de dollars de l'industrie représente moins de 1%.

Qing Song. Rédacteur: Tao Ruogu

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La nouvelle fièvre de L'OR

L'once de métal jaune a gagné 40 % en un an, deux fois mieux que la Bourse de Paris. Particuliers, investisseurs institutionnels, Banques centrales : tout le monde en veut et la hausse devrait se poursuivre. Pourquoi une telle passion ? Parce que, plus que jamais, l'or rassure. La fièvre de l'or pousse aussi sur les routes de Californie les chercheurs de fortune. Du nord au sud, les tamis sont ressortis. « Le Figaro Magazine » est allé à la rencontre de ces nouveaux pionniers qui prospectent non loin de Los Angeles. La folie du métal jaune gagne nos intérieurs. En cuisine et en déco, le doré est partout. Même si tout ce qui brille n'est pas d'or !

Revue de détail.

L'or est devenu la nouvelle coqueluche des investisseurs. Il y a à peine deux ans, il faisait pourtant figure de placement de père, voire de grand-père de famille. Ne rapportant rien, en baisse depuis le début des années 80, il était passé de mode. Mais l'or s'est refait une jeunesse avec la crise. Aujourd'hui, il intéresse tout le monde, les caisses de retraite, les Banques centrales, les particuliers et les gestionnaires privés.

Tous le recherchent car il est synonyme de sécurité. Il joue à fond son rôle de valeur refuge. Au plus fort de la crise, les détenteurs d'or se disaient que si les choses tournaient mal, cet actif réel, lui, serait toujours là. Aujourd'hui, la panique s'est calmée et l'or fait plutôt figure d'assurance contre les déficits astronomiques des Etats, les monnaies dont on doute et les perspectives économiques incertaines. Ce qui fait dire à Patrick Artus, l'économiste en chef de la banque Natixis, que «la perspective de hausse du prix de l'or reflète la mauvaise santé de l'économie mondiale».

Lingots, pièces, bijoux... les coffres débordent. II y a quelques semaines, les clients de la banque HSBC, à New York, ont reçu une lettre étonnante, leur demandant de venir retirer leurs avoirs des coffres de la banque sur la 5e Avenue. Motif ? HSBC stocke l'or physique détenu en contrepartie des trackers, ces nouveaux produits financiers cotés qui permettent d'échanger facilement le métal en Bourse. Et face à l'appétit des investisseurs, les stocks gonflent. La banque n'a plus de place pour entreposer tout « son » or et cherche à récupérer de l'espace. Elle détiendrait 130 tonnes de métal jaune dans ses coffres.

Le stockage est en effet le principal casse-tête de l'or. Et gare aux petites planques à la maison ! Les malfrats qui ont cambriolé début décembre le domicile parisien de Robert Peugeot, héritier de la dynastie automobile, ont vite déniché le coffre-fort dissimulé dans la salle de bains. Ils l'ont tranquillement descellé et sont repartis avec. Bilan du casse : 500 000 euros en lingots et pièces d'or... et un trou béant dans un mur !

Amorcée en 2007, la flambée des cours de l'once d'or (soit 31,10 grammes de métal jaune) s'est brutalement accélérée cet été. Depuis, les records tombent les uns après les autres, à un rythme effréné : 950 dollars en août, 1 000 dollars en septembre, 1 150 en novembre, 1 226,50 début décembre après la quasi-faillite de Dubaï... En un an, l'once d'or a gagné 40 % ! Soit deux fois plus que la Bourse de Paris. Du jamais vu... ou presque ! «Si l'on tient compte de l'inflation, l'or est encore loin d'avoir retrouvé son sommet historique de janvier 1980. A l'époque, il avait ponctuellement atteint 850 dollars, ce qui représenterait aujourd'hui environ 2 100 dollars», nuance Jean-Bernard Guyon, vice-président de Global Gestion, une société de gestion de portefeuilles. Pour qu'un investisseur ayant acheté un lingot en janvier 1980 retrouve sa mise en termes de pouvoir d'achat, il faudrait que le lingot vaille 33 890 euros... Or, il s'échange en ce moment à moins de 25 000 euros.

Mais la hausse d'aujourd'hui est exceptionnelle dans sa durée. Au début des années 1980, la ruée vers le métal jaune, provoquée par une inflation galopante, des craintes sur le dollar et des problèmes géopolitiques, avait été assez brève. «Cette fois, les cours restent durablement à des niveaux très élevés, note Hervé Lievore, chargé de la stratégie chez Axa Investment Managers. Les investisseurs sont en train de redécouvrir l'intérêt pour cet actif réel qui ne perdra donc jamais 100 % de sa valeur.»

Les experts ne prévoient pas de chute des cours. Bien que ceux-ci aient marqué une pause ces dernières semaines (ils sont retombés à 1 115 dollars l'once), en raison notamment du raffermissement passager du dollar, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à s'intéresser au métal jaune. «Les hedge funds et les investisseurs institutionnels comme les Banques centrales misent aussi sur l'or pour se protéger contre les risques», explique Hervé Lievore.

Une bulle spéculative est-elle en train de se former autour de l'or ? Les experts n'y croient guère, même s'ils s'attendent à voir le métal jaune franchir de nouveaux sommets dans les semaines ou les mois à venir. Chez Bank of America-Merrill Lynch, les spécialistes considèrent que l'or pourrait dépasser les 1 500 dollars au cours des dix-huit prochains mois ! Une hausse qui irait de pair avec une forte reprise des prix de l'énergie et des matières premières. «L'once peut atteindre 1 300, voire 1 500 dollars, avance Jean-Bernard Guyon, de Global Gestion. Mais tout dépendra de l'évolution de l'endettement des Etats, qui inquiète beaucoup les investisseurs.» Surtout depuis que la Grèce a reconnu être dans une «impasse financière» en raison de ses déficits et de son endettement astronomiques.

Depuis 2004, la Banque de France a vendu 500 tonnes d'or

La crise a rebattu les cartes et l'or en est sorti gagnant. En quelques années, le marché a radicalement changé. Dans les années 80, l'Afrique du Sud, l'Australie et l'Amérique étaient les trois grandes zones de production. C'est désormais la Chine qui est devenue le premier producteur mondial de métal jaune. «Mais les mines chinoises sont petites et la production est très émiettée», explique Tom Holl, gérant chez BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs mondial.

Globalement, la production mondiale est en baisse (elle a chuté de 8,7 % entre 2001 et 2008) et insuffisante pour répondre à la demande, ce qui pousse naturellement les cours à la hausse. «Il est plus difficile qu'auparavant de trouver de l'or, ajoute Tom Holl. Depuis une dizaine d'années, les découvertes ont été minces et l'extraction est plus coûteuse.»

Côté demande aussi, le marché a changé. Crise oblige, les commandes des bijoutiers ont reculé un peu partout dans le monde (- 27 % de janvier à septembre 2009) alors que les achats de pièces, lingots et autres faisaient un bond de 43 %. Seule exception, la Chine «où les nouvelles classes moyennes achètent des bijoux en or, qui constituent à la fois des signes extérieurs de richesse et un investissement», précise Emmanuel Painchault, gérant chez Edmond de Rothschild Asset Management. La demande de la joaillerie devrait repartir lorsque les Indiens, grands acheteurs de bijoux en or, verront leur économie se redresser, prédisent les experts.

Les Banques centrales aussi jouent un rôle majeur sur le marché. «Pour la première fois depuis plusieurs années, elles qui étaient vendeuses d'or devraient être acheteuses. C'est un réflexe de bon père de famille, car l'or est un actif sûr, liquide, sans risque de contrepartie», estime François de Lassus, chez CPoR Devises, qui centralise les ordres d'achat et de vente des clients des banques en France. Les Banques centrales européennes sont structurellement vendeuses, mais depuis la crise elles se délestent moins vite de leurs réserves qu'elles l'avaient envisagé un temps (voir graphique ci-contre). C'est le cas de la Banque de France, qui a cessé ses ventes. Depuis 2004, elle a cédé quelque 500 tonnes d'or pour près de 8 milliards d'euros. Au cours d'aujourd'hui, ces opérations lui en auraient rapporté 12 !

Fait nouveau, les Banques centrales des pays émergents se sont mises à acheter de l'or pour muscler leurs réserves. Une démarche qui témoigne de leur volonté de ne plus dépendre uniquement du dollar, mais aussi de leurs inquiétudes face au creusement des déficits publics des pays industrialisés. La Banque centrale indienne a acheté récemment 200 tonnes d'or vendues par le FMI et son homologue russe a aussi procédé à des achats, quoique plus réduits. Même attitude du Sri Lanka, de l'île Maurice et de la Chine.

Faut-il suivre leur exemple et se constituer un pécule en or ? «Pour nos clients privés, nous conservons 10 % d'or dans un portefeuille, répond Christophe Bernard, responsable de la stratégie d'investissement de l'Union bancaire privée. Mais il est délicat de recommander un achat, compte tenu de la hausse des cours.» L'or victime de son succès ?

Danièle Guinot et Carole Papazian

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L'or pour les nuls

Le métal jaune ne l'est pas forcément et d'un pays à l'autre, la teneur en or d'un bijou peut varier sensiblement. Ce qu'il faut savoir.

Carats et millièmes

Trop souple à l'état pur, l'or utilisé pour les bijoux est presque toujours mêlé à d'autres métaux pour gagner en rigidité. Officiellement (depuis 1993), on ne devrait évoquer que les millièmes pour parler de son titre, c'est-à-dire de sa teneur en métal précieux. Ainsi, l'indication 750 millièmes (ou 7500) signifie-t-elle la présence de 75 % d'or. Cependant, le carat reste encore présent dans tous les esprits. Rien à voir avec l'unité de poids utilisée en joaillerie (0,2 gramme), un carat correspond à une teneur en or de 1/24e. L'or 24 carats est donc quasi pur (99,9 %). Le 18 carats correspond à 18/24e soit 75 %, c'est la norme la plus courante en France. Mais les pays d'Europe du Nord et les Anglo-Saxons utilisent souvent des titres inférieurs comme le 14 carats (14/24e, soit 58,3 % d'or), voire 9 carats.

Une large palette de couleurs

La couleur naturelle de l'or peut être modifiée selon les métaux qu'on y adjoint. L'or jaune est obtenu en le mêlant à de l'argent et à du cuivre. Plus la part d'argent est importante, plus la couleur sera pâle. L'or blanc ou gris est obtenu, lui, grâce à un ajout de cuivre, d'argent et de palladium. Souvent, cet or-là est rhodié, c'est-à-dire couvert d'une fine couche de rhodium pour lui donner l'aspect le plus blanc possible. Quant à l'or rouge ou rose, il doit sa couleur à la présence plus ou moins forte de cuivre. Plus rare, l'or bleu s'obtient par adjonction de fer ou de cobalt, l'or violet avec de l'aluminium, et l'or vert grâce à de l'argent. Le joaillier Boucheron a fait breveter une formule exclusive d'or chocolat et certains bijoutiers proposent un or noir qui n'a rien à voir avec le pétrole.

Cherchez le poinçon

Un bijou en or doit comporter deux poinçons : l'un de responsabilité, l'autre de garantie. Le premier correspond à la signature du fabricant. Lorsqu'elle est inscrite dans un losange, il s'agit d'un produit français, sinon la signature figure dans un ovale. Quant au second, il garantit la teneur en or des objets. En France, la tête d'aigle est utilisée pour l'or 18 carats, la coquille Saint-Jacques pour le 14 carats et le trèfle pour le 9 carats. D'autres pays peuvent utiliser des symboles différents.

Jean-Bernard Litzler

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Deux des diamants les plus précieux du monde à Washington

 
Une visite au Musée Smithsonian de Washington donnera sûrement des idées à plusieurs scénaristes de films de cambrioleurs, car l'un des bijoux les plus beaux du monde viendra rejoindre un autre dont la réputation n'est plus à faire.

Le musée recevra entre ses murs le diamant Wittelsbach-Graff, un diamant bleu de 31,06 carats. Il rejoindra un autre joyau de sa collection permanente, le diamant Hope, lui aussi un diamant bleu de 45,52 carats. Ce qui fait de cette exposition un fait rare n'est pas seulement son jumelage avec le Hope, mais bien que le Wittelsbach-Graff n'a pas été exposé au public depuis plus d'un demi-siècle.

Le diamant Wittelsbach-Graff a été répertorié la première fois en 1660 lorsque le roi Philippe IV d'Espagne l'a offert à sa fille pour son mariage avec l'empereur Léopold 1er d'Autriche. En 1722, le diamant est devenu la propriété de la famille Wittelsbach qui régna longtemps sur la Bavière, une région au sud-est de l'Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, le diamant a disparu avant de réapparaître en 1951 en Belgique et, l'an dernier, il fut vendu lors d'une enchère à Londres pour la somme de 24 millions de dollars à Laurence Graff, un joaillier.

En ce qui concerne le diamant Hope, les autorités du musée de Washington refusent d'en dévoiler la valeur, préférant dire qu'il est sans prix.

Le diamant Wittelsbach-Graff sera à Washington du 28 janvier au 1er août 2010
 
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Dialogue avec les pierres

LE POINT - 10/12/2009

Fidèle complice des gemmes, Gianmaria Buccellati marque l'année de 58 bagues cocktail captivantes.

Fils de, l'artiste lombard a été élevé parmi les pierres et l'argent platiné doublé d'or que son père, Mario Buccellati, gravait et ciselait comme nul autre. Gabriele D'Annun-zio le surnomma d'ailleurs « le prince des orfèvres ». Comment alors trouver sa place face à ce génie renommé pour ses bijoux dentelles aux façonnages si subtils ? En observant le travail des ateliers, en apprenant la précision, en maîtrisant les métaux et les minéraux. Autant d'éléments indispensables pour gagner le respect des artisans sans lesquels la maison ne saurait prospérer. Et elle s'étend aujourd'hui de New York à Moscou, de Hongkong -visionnaire, le joaillier italien s'y installe dès 1970 - à la place Vendôme. Gianmaria Buccellati est d'ailleurs le premier artiste étranger admis au sein de la haute joaillerie française.

Créé par Mario, le style Buccellati perdure et s'étoffe, illustrant un savoir-faire transmis, pour certains artisans, depuis maintenant quatre générations. Roberto apprend ainsi à son fils Cristiano l'art de chantourner, soit découper l'or mat pour obtenir de minuscules alvéoles qui seront repercées une à une avant d'être serties à la main. A l'atelier de sertissage, il n'est pas rare d'utiliser pour l'or blanc la technique ancestrale de la lumière projetée à travers un vase rempli d'eau. Nicolas, le responsable de l'atelier de gravure, est intarissable sur cet art particulier, coutumier des techniques de la Renaissance. Pour une manchette, la gravure Rigato permet par exemple d'inciser l'or, ligne après ligne, pour un effet soie éclatant emblématique.

Sans jamais déroger, Gianmaria Buccellati, rejoint par son fils Andrea, enrichit les collections au gré de ce que lui suggèrent les pierres. Il y a vingt ans, un vendeur lui propose 66 diamants non taillés, le joaillier refuse, puisque n'étant pas tailleur de diamants. Mais, une fois les pierres dans sa main, elles lui « crient » de les laisser en l'état. Ainsi naît le collier Anémone.

Aujourd'hui, le joaillier « devient fou » devant des pierres provenant de nouvelles mines aux couleurs exceptionnelles. Une tanzanite violine magnétique, deux aigues-marines ovales évocatrices de l'empyrée, une améthyste pourpre en cabochon. Mais s'enflamme aussi pour deux péridots vert olive éclatants, une fibrolite chatoyante comme la pupille d'un chat, une rarissime tourmaline Paraiba bleu-vert vif, cinq délicates kunzites lilas ou une pierre de lune nacrée aux reflets céruléens. Pour chacune d'entre elles, Gianmaria Buccellati dessine une monture inédite, offrant une éblouissante démonstration d'orfèvrerie.

Gabrielle de Montmorin

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Le filon Cullinan rapporte encore 6 millions

 
L'extraordinaire mine de Cullinan exploitée par Petra fait régulièrement parler d'elle pour les diamants bruts gros comme le poing qu'elle produit parfois, le dernier pesant plus de 500 carats.

Et ces diamants se vendent bien...
Petra vient d'annoncer la vente d'un diamant de 168 carats pour 6,28 millions de dollars, soit un rapport de 37'380$ le carat...

Le même filon qui a produit cette pierre ainsi que l'énorme caillou de 507 carats (non encore proposé à la vente) a également déjà donné deux autres pierres de 58,5 et 53,3 carats vendues pour un total de 2,8 millions de dollars.

La mine de Cullinan a fourni le quart des diamants bruts de plus de 400 carats jamais découverts dans le monde et 300 pierres de plus de 100 carats durant son exploitation. Ces pierres excitent beaucoup de convoitises selon le patron de la mine, Johan Dippenaar.
 
Cyril Fussy
 
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Dans la mine du spinelle, la pierre rouge des tsars

Pour atteindre la mine de Kuh-I-Lal (« la montagne des pierres précieuses » en tadjik), il faut grimper à plus de 3 500 mètres d'altitude dans les monts du Pamir, d'abord en 4 × 4 puis à pied. C'est en 2007 que Patrick Voillot, pharmacien de son état et grand voyageur sur la route des pierres précieuses, a monté sa première expédition pour découvrir la mine où, depuis seize siècles, l'on extrait les plus beaux spinelles du monde.

Le spinelle ? « Très proche chimiquement du "rubis d'Orient", plus gros et un peu moins rare, extrêmement brillant. On appelle aussi cette pierre, rouge ou vieux rose, le "rubis balais" - pas comme l'ustensile, mais en référence à la province de Badakhchan, d'où sont issus les spécimens qui ornent les plus belles couronnes du monde », explique le gemmologue parisien. Ses expéditions dans toutes les mines du monde - racontées dans des documentaires diffusés depuis des années sur France 5 - l'ont fait surnommer « l'Indiana Jones des pierres précieuses ».

« Simple documentariste »

Pas facile en effet de pénétrer ces lieux reculés et de forcer les verrous de filières rendues opaques, parfois dangereuses, en raison de la convoitise qui entoure les diamants, rubis, saphirs ou émeraudes. « Grâce à mes contacts, j'ai pu ouvrir les bonnes portes au Tadjikistan et filmer l'intérieur de la mine », dit Voillot, qui, dans ses voyages, prend soin d'expliquer à ses interlocuteurs qu'il n'est pas un marchand de pierres mais un simple documentariste animé par la passion des gemmes.

Et comment ne pas sentir un frisson en évoquant la mine d'où furent extraits les plus beaux spinelles ? Le « rubis du Prince Noir », qui orne la couronne d'Angleterre, la pierre rouge de la couronne des tsars, le « Côte de Bretagne » et le « Louis XIV », qui furent accrochés à la Toison d'Or de la couronne de France, ceux du collier de Tamerlan, propriété de la Couronne anglaise...

« Les Grands Moghols (les empereurs musulmans de l'Inde ancienne) raffolaient de ces spinelles, qu'ils polissaient en cabochons pour y faire graver leur nom. »

C'est en feuilletant le « Tavernier », ouvrage d'un courtier français du XVIIe siècle, voyageur sur la route des Indes, et qui reste une bible des gemmologues, que Patrick Voillot a voulu dénicher un endroit qu'il pensait refermé depuis longtemps et ignoré, « même par les joailliers de la place Vendôme ». Premier Occidental à parvenir à Kuh-I-Lal, il y a découvert - en 2007, puis en septembre 2009 - une mine où travaillent six mois par an 20 mineurs tadjiks avec un matériel d'extraction solide mais vétuste, datant de la période soviétique.

« Du temps de l'URSS, beaucoup de pierres partaient à Moscou. Désormais, la production - plusieurs milliers de carats par an - prend la route de Douchanbé, capitale du Tadjikistan, où les pierres, véritable emblème national, ne sont pas vendues mais conservées par le Trésor tadjik. » Terminé, du moins officiellement, le commerce du spinelle fut pourtant florissant, notamment au temps de Marco Polo : « Les pierres suivaient la route de la soie, remontant vers Samarkand, ou descendant vers Chiraz et Ispahan », explique Voillot.

Une passion russe

Pierre adulée à la cour des chahs d'Iran, le spinelle l'était aussi des souverains chrétiens, qui voyaient dans ces pierres rouges la transfiguration des gouttes de sang du Christ. Ce fut également le cas des tsars : « L'impératrice Catherine II, qui voulait la plus belle couronne d'Europe, couverte de diamants, avait demandé à son joaillier de la surmonter d'une pierre d'une valeur inestimable, acquise en Chine au XVIIe siècle par un ambassadeur russe. »

Cette passion russe pour le spinelle explique la présence d'une belle quantité de ces pierres dans le trésor des Romanov, dont une partie, miraculeusement sauvée en 1918, sera vendue demain aux enchères chez Sotheby's à Londres. « La grande-duchesse Maria Pavlovna, belle-soeur d'Alexandre III (1), s'était enfuie de la résidence d'été pour se rendre à l'ambassade suédoise à Saint-Pétersbourg, où elle déposa des effets personnels ornés de pierres précieuses, comme des boutons de manchette, des tabatières, des étuis à cigarettes, des oeufs Fabergé », raconte Voillot.

Transporté à Stockholm, ce précieux dépôt impérial soustrait aux bolcheviques a été oublié dans les coffres du ministère suédois des Affaires étrangères, jusqu'à sa redécouverte fortuite lors du déménagement dudit ministère l'an dernier. Les héritiers des Romanov, à qui il a été remis, ont résolu d'en vendre les objets aux enchères.

Pendant ce temps, dans le haut Pamir, l'aventure du spinelle, qu'on croyait achevée, se poursuit...

(1) Père de Nicolas II, le dernier tsar, tué en juillet 1918.

Un peu du trésor Romanov aux enchères

Demain, à Londres, Sotheby's met en vente une centaine d'objets issus du trésor des Romanov retrouvé en Suède (lire ci-dessous), dont 60 étuis à cigarettes et boutons de manchette en or et argent, incrustés de pierres précieuses, signés Fabergé et Bolin. Estimation : 2 millions d'euros.

Kuh-I-Lal, mine de référence du spinelle

La mine tadjike est au spinelle ce que Mogok, en Birmanie, est au rubis, l'Himalaya au saphir et Muzo, en Colombie, à l'émeraude. Mais on trouve aussi de beaux spécimens de cette pierre souvent confondue avec le rubis en Tanzanie, au Sri Lanka ou en Birmanie.

À la pierre rouge ornant la couronne des tsars est attachée une légende maudite, que Patrick Voillot retrace dans « La Malédiction du trésor des tsars » (1). La pierre n'est pas seulement censée procurer la force, elle appellerait aussi le meurtre et la folie, ce que la fin tragique de Nicolas II et sa famille, assassinés lors de la Révolution russe, a pu sembler confirmer aux yeux de certains.

La pierre maudite des Romanov

Le spinelle, pierre maléfique ? Pas seulement. Outre ce livre qui retrace le fabuleux héritage du trésor des Romanov de Gengis Khan à Raspoutine, le gemmologue français a réalisé pour France 5 un de ces documentaires dont il a le talent. Intitulé « Les Spinelles du Tadjikistan », ce film de 52 minutes sera diffusé début 2010 à une date restant à préciser. Dans un précédent film consacré au « Trésor de la reine d'Angleterre », Patrick Voillot avait raconté les tribulations du plus fameux spinelle, le « rubis du Prince Noir ».

Christophe Lucet

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Hirst promène son crâne brillant à Paris

 
Le crâne en diamants de Damian Hirst va venir à Paris en février, pour une exposition sur le thème de la vanité à la fondation Dina Vierny du musée Maillol. L'œuvre de l'artiste, connu pour ses vaches découpées et ses requins trempés dans le formol, est estimée à 70 millions d'euros. Il l'a couverte de 8 601 diamants, autour d'un brillant en poire sur le front de 52,5 carats. Les visiteurs ont attendu des heures avant de la voir dévoilée, flottant dans le noir, il y a deux ans à la White Cube, la galerie londonienne de Hirst. Un peu clown sur les bords, Hirst a d'abord prétendu l'avoir vendue, avant d'avouer que c'était à lui-même, et de l'emmener faire un tour du monde. La fondation promet de faire venir des Caravage et Zurbarán, pour comparaison.
 
Vincent Noce
 
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La haute joaillerie s'invite dans la haute couture

La haute couture rencontrera la haute joaillerie en janvier 2010 au dernier jour des défilés, le jeudi 28 janvier, soit 4 jours après le début des défilés parisiens, annonce la direction de la communication de la Fédération Française de la Couture.

Ainsi, pour la première fois, la haute joaillerie présentera ses collections en même temps que les maisons de haute couture.

"Pour cette grande première, Boucheron, Cartier, Chanel Joaillerie, Chaumet, Christian Dior Joaillerie, Mellerio dits Meller et Van Cleef & Arpels rejoindront ainsi les grands couturiers", souligne la Fédération.

A noter que "le Comité de Direction de la Chambre syndicale de la haute couture, réuni le mardi 17 novembre 2009, a élu la maison Josephus Thimister comme nouvel invité dans le calendrier Haute Couture de janvier 2010", ajoute la FFC.

Josephus Thimister est un ancien directeur artistique de Balenciaga dans les années 1990.
 
Cyril Fussy
 
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Des diamants à 99 euros et jusqu'à - 80% de réductions

A la veille des Fêtes de fin d'années, et en exclusivité pendant 15 jours, Brandalley va mettre en vente, du mardi 1er décembre à partir de 07h du matin jusqu'au 15 décembre 2009, des diamants avec des taux de réductions allant jusqu'à -80%. Ces taux de réductions sont « du jamais vu sur Internet, ou en bijouterie traditionnelle ». Le diamant le moins cher sera de 0,20 carats certifié par un laboratoire gemmologique pour un prix de 99 euros au lieu de 500 euros en moyenne dans une joaillerie.

Brandalley une opération exceptionnelle : l'achat direct de 5 000 diamants de parfaite qualité, sous scellé, tous expertisés et certifiés IGI (Institut International de Gemmologie, Anvers) ou GIA (la référence dans le secteur des diamantaires)  et à des prix défiant toute concurrence, acquis, en effet, directement auprès des meilleurs diamantaires européens.

5 000 diamants s'offrent à vous, de 99 à 20 599 euros.

Pour comparaison, nous vous donnons pour chacun d'eux, le prix de la côte (taille, pureté, carats) chez les bijoutiers et joailliers traditionnels. Comparez, jugez !
Ces 5 000 diamants se divisent en trois catégories. Vous pouvez choisir entre le diamant classique de « forme ronde brillant », le diamant « Taille émeraude », de forme rectangulaire, et le diamant « Taille Princesse », de forme carré.

Brandalley proposera également aux internautes de faire monter ce ou ces diamant(s) sur 2 pendentifs ou 2 bagues de votre choix en or blanc ou jaune de 18 carats pour un taux de réductions
de -50% par rapport à une joaillerie.

La livraison de ces pierres précieuses se fera en 48h-72H et garantie avant Noel. La livraison se fera par un transporteur spécialisé.

15 JOURS, 5 000 DIAMANTS A DES PRIX JAMAIS VUS

Pour rappel : Face au succès phénoménal de cette vente où 3070 diamants avaient été vendus l'année dernière en quelques jours, et où les taux de réductions proposés par le site était beaucoup moins importantes, Brandalley a décidé, pour répondre à une très forte demande de ses centaines de milliers de membres, de refaire cette vente. Mais cette fois ci, en proposant des prix et des taux de réductions encore plus impressionnants. Cela, pour permettre à toutes les bourses de pouvoir s'offrir ou offrir, un diamant de son choix pour les fêtes de fin d'années.

Pour terminer, suite à la crise, la demande mondiale du diamant est faible et les stocks de plus en plus importants. Brandalley peut ainsi, grâce à cette conjoncture actuelle proposer à ces clients des pierres précieuses à des prix encore jamais vus.

©2009  AP West SARL. Tous droits réservés.

Russie : conversion de tonnes d'or en diamant

 
Volonté de sauver le  groupe diamantaire Alrosa ou  de profiter  de la baisse  du prix  du diamant ? Le ministre russe des Finances Alexeï Koudrine, par ailleurs vice-président,  a annoncé samedi  que  son ministère  avait  l'intention de vendre 30 tonnes d'or contre des roubles. Pour à terme les investir dans les pierres précieuses.

Selon M. Koudrine, le prix de l'or sera fixé en dollars, en tenant compte des cotations internationales, lesquels  dollars seront ensuite convertis en roubles.Le ministère russe des Finances  a par ailleurs indiqué  avoir l'intention d'investir en diamants en les achetant au producteur russe de diamants, Alrosa.Rappelons que le cours de l'or bondit actuellement de record en record  tandis que le prix du diamant est au plus bas. Précisons également que le groupe Alrosa a annoncé le mois dernier qu'il envisageait de réduire ses effectifs de 2% en 2010.

A la même date, le vice-président du monopole russe, Fedor Andreev,  affirmait  qu'au 1 juin 2009, le montant de la dette de la corporation Alrosa dépassait 5 milliards de dollars. "Nous espérons qu'en recourant à l'augmentation des ventes et à la vente de certains actifs nous pourrons la réduire à 3,86 milliards de dollars", avait-il ajouté.Selon les résultats du premier semestre 2009, les pertes de la corporation s'élèvent à 14,7 milliards de roubles (environ 374 millions de dollars), les revenus ayant chuté  de plus de la moitié, à 340 millions dollars.

Fin octobre, le Gokhran (Agence d'Etat russe des métaux et pierres précieuses) avait annoncé son intention de vendre avant fin 2009 un important lot d'or à la Bourse de Londres. Certains experts laissaient alors entendre  que l'action du ministère russe des Finances pouvait être  justifié par un besoin urgent de liquidités en vue d'acquérir un lot considérable de diamants. Le but étant selon eux de sauver de la faillite la compagnie publique Alrosa. Cette dernière, dont la majorité des actions appartient à la Russie, extrait chaque année 97% de tous les diamants du pays, soit 25% de l'extraction mondiale.

Elisabeth Studer

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Boucheron ouvre ses archives secrètes

Exhumés des coffres cachés sous la Place Vendôme, les carnets du célèbre joaillier français sortent enfin de l'ombre. Amours illicites, scandales politiques, addictions en tout genre… ces documents retracent sur un siècle, la vie et les mœurs des grands de ce monde.

Dans le monde feutré de la haute joaillerie, c'est l'équivalent des carnets du général Rondot. Il avait disparu, le 12 mai 1981, au lendemain de l'élection de François Mitterrand. Caché pendant vingt-huit ans sous les pavés de la place Vendôme, il vient de refaire surface. Sa couverture s'effrite, ses pages ont jauni, mais l'écriture calligraphiée à l'aide d'une fine plume noire est intacte. D'une apparence banale, il recèle des informations extrêmement sensibles. De 1858 à 1981, la Maison Boucheron y a répertorié toutes les pierres ayant franchi son seuil ainsi que l'identité de leurs propriétaires. Seul le prix des transactions est codé à l'aide de croix. «On ne se rend pas compte aujourd'hui, plaide Thierry Robert, le «M. Pierres précieuses» du célèbre joaillier. À l'époque, on pensait que c'était la fin du monde. Toute la place Vendôme croyait que l'Élysée allait envoyer le fisc et exiger l'ouverture des coffres-forts.» Et d'expliquer l'air matois : «Nous sommes dans un univers où la confiance et la discrétion sont déterminantes, un peu comme chez les maquignons.»

Pour les personnalités disparues depuis longtemps comme le tsar Nicolas II, Sarah Berhnardt ou Édith Piaf, la lecture de ce registre est sans conséquence. Pour les clients français, notamment tous ceux qui ont fait fortune dans les années 1960-1970, dans l'industrie, la banque et le cinéma, la divulgation de leurs avoirs en diamants, émeraudes, rubis, saphirs et perles peut encore aujourd'hui être gênante. Les bijoux, par leur petite taille, se transmettent de la main à la main, la plupart du temps en dehors des successions officielles.

Difficile dans ce cas de retrouver leurs traces, surtout si ces pièces exceptionnelles ne réapparaissent pas dans les ventes organisées par Christie's et Sotheby's, principalement à Genève. Et si les heureuses propriétaires les portent lors d'une soirée mondaine, c'est que les photographes ont été interdits d'entrée. C'est pourquoi l'enquête Les Archives secrètes de Boucheron (*), de Vincent Meylan, grand reporter spécialisé dans la royauté et la joaillerie à l'hebdomadaire «Point de vue», est passionnante. «J'ai passé deux ans dans les caves blindées de Boucheron, à exhumer et déchiffrer sous une petite lumière rouge 200 livres de commandes et des dizaines de lettres de clients, dont la plupart n'avaient jamais été montrées. On se rend compte que les bijoux concentrent toutes les passions humaines : l'amour, le pouvoir, le sexe, la mort  », raconte-t-il.

Écrit comme un roman policier, ce livre plein d'anecdotes et de photos révèle la vie des grands de ce monde entre 1858 et 1958. Un portrait haut en couleur où l'excentricité est de mise. On y découvre avec délice les scandales de l'époque, les liaisons secrètes, les perversions sexuelles et l'addiction que suscitaient les bijoux et les cailloux. Au risque, souvent, d'en perdre la tête et d'y engloutir sa fortune personnelle.

Cocottes et princesses dollars

À la différence des autres joailliers, Frédéric Boucheron a commencé sa carrière en parant non pas la Cour mais les courtisanes : la Castiglione, la belle Otero, Liane de Pougy… qui envoyaient la note directement à leurs amants. «À 28 ans, il a été obligé d'accueillir les clientes qui venaient à lui, cela a profondément influencé le style de la maison», résume Vincent Meylan. Comme ces cocottes recevaient très légèrement vêtues dans leurs boudoirs, elles voulaient des bijoux audacieux qu'elles portaient à même la peau : broches de hanche, bracelets de bras et bijoux de cheveux en plumes de paon en diamants. La plus célèbre d'entre elles, la Païva, celle dont le critique littéraire Paul de Saint-Victor disait «ses lèvres sont un divan rouge aplati par le cul d'un pacha», fut sans doute l'une des plus grosses croqueuses de pierres du XIXe siècle. Diamant jaune de 110 carats, saphir de 42 carats… elle les achetait par poignées. Ne s'en séparait jamais et avait commandé sur mesure un sac avec plusieurs boîtes : l'une pour les perles, l'autre pour les rubis…

«C'était la Mouna Ayoub de l'époque», s'amuse Vincent Meylan. En cette Europe troublée, les pierres sont l'une des rares choses que l'on pouvait emporter rapidement. Au même moment, de nouvelles dynasties naissent outre-Atlantique. L'exploitation de mines et d'or noir, la construction des chemins de fer et l'immobilier permettent aux Vanderbildt, Astor et autres MacKay de faire fortune. Surnommées les princesses dollars, les héritières de ces milliardaires du rêve américain sont fascinées par les aristocrates européens. Comme Consuelo Vanderbilt, qui épouse le duc de Marlborough, cousin germain de Churchill, ces femmes s'offrent un titre et dévalisent les joailliers. Elles exigent la panoplie complète : du diadème aux jumelles en passant par le nécessaire de toilette en argent massif.

Les familles royales ne sont pas en reste. On découvre que le premier amour du duc de Windsor n'est autre que Winifred Birkin, la tante de Jane B. et donc la grand-tante de Charlotte Gainsbourg. Quant au diadème porté par Camilla lors du dîner de gala donné à Windsor en l'honneur de Carla et de Nicolas Sarkozy, il avait été créé par Boucheron en 1921. «Queen Mum», qui entassait les bijoux dans les placards de sa résidence de Clarence House, l'avait hérité d'une riche Écossaise. On découvre aussi le sort réservé aux bijoux des tsars, dont 25 300 carats de diamants (5 kg), 4 300 carats de saphirs et des milliers de grosses perles vendus par Staline pour financer… l'achat de tracteurs.

Dans les registres, on retrouve également la trace du mythique diamant bleu des rois de Bavière. Il avait disparu pendant quatre-vingts ans avant de réapparaître en 2008, chez Christie's, à Londres, où il a été adjugé à 24 millions de dollars. Certains grands personnages se révèlent dans leurs faiblesses. Sarah Bernhardt, ruinée par un mari drogué et infidèle, prenait sa plume pour qu'on lui accorde des délais de paiement. Plus choyée par les hommes, Rita Hay­worth, ne sachant quelle robe choisir pour son mariage avec l'Aga Khan, s'entend répondre : «La blanche pour vos diamants, la rouge pour vos rubis, la verte pour vos émeraudes et la bleue pour vos saphirs.» Quant à Françoise Sagan, elle était connue pour ses achats compulsifs de briquets et porte-clés. C'est la dernière des clientes dont le nom est dévoilé.

Boucheron a remisé dans l'ombre ses livres de commandes de l'année 1959 à nos jours. On ne connaîtra donc jamais l'identité de cette mystérieuse Parisienne vue dans une soirée portant le somptueux collier de diamants et rubis birmans créé à la fin du XIXe siècle pour Mrs MacKay, une richissime Américaine. Vincent Meylan s'est consolé en le mettant en couverture de son beau livre : «J'aimerais qu'elle m'appelle», avoue-t-il.

(*) «Archives secrètes Boucheron», par Vincent Meylan. Éditions Télémaque. 26,50 euros. En librairie le 26 novembre.

Léna Lutaud et Fabienne Reybaud

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La flambée de l'or, une mauvaise nouvelle de plus pour les joailliers et les horlogers

Est-ce que l'envolée du cours de l'or affecte la bijouterie et la joaillerie ? Le cours du métal jaune a augmenté de plus de 25 % depuis début juillet pour atteindre mercredi 18 novembre un record historique de 1 150 dollars l'once. Depuis mi-janvier, son cours le plus bas de l'année, l'or a grimpé de 40,71 %.

Le dernier rapport du Conseil mondial de l'or affirme que la demande mondiale a reculé de 34 % au troisième trimestre, cette hausse spectaculaire ayant pesé sur les flux d'investissement et les achats de bijoux dans des marchés-clés comme l'Inde et le Moyen-Orient. Les achats d'or y ont respectivement chuté de 42 % au troisième trimestre à 11,6 tonnes et de 34 % à 69 tonnes.

Bernard Fornas, président de Cartier International, premier joaillier mondial et filiale du groupe suisse Richemont, affirme que "la hausse de l'or n'a pas encore d'impact sur Cartier, dans la mesure où, à la valeur de l'or, s'ajoutent celles très importantes de la façon (la main-d'oeuvre) et des pierres". En janvier 1981 se souvient-il, le cours de l'or avait flambé, à plus de 850 dollars l'once, ce qui avait incité Cartier à sortir des montres en version or et acier. L'actuel élargissement de la collection des Must, les bijoux et l'horlogerie d'entrée de gamme, prévu de longue date, n'est pas lié à la hausse du coût de l'or.

MESURES D'URGENCE

Elle tombe mal en tout cas pour les joailliers et les horlogers qui souffrent de la crise. Ou en tout cas en ont fini avec des croissances à deux chiffres de leur ancien âge... d'or. Richemont (qui englobe outre Cartier, Piaget, Jaeger-LeCoultre, Baume & Mercier...) a annoncé mi-novembre un recul de 15 % de ses ventes semestrielles à 2,37 milliards d'euros et une chute de 36 % de son bénéfice avant impôts. Selon M. Fornas, Cartier, grâce à ses positions géographiques fortes notamment en Asie, bénéficie d'une forte résistance à la crise.

Chez LVMH, les résultats semestriels publiés en juillet s'étaient révélés particulièrement douloureux dans les montres et la joaillerie avec une baisse de 34 % des ventes à 346 millions d'euros à structure et taux de change comparable et une dégringolade de 74 % du résultat opérationnel net à 20 millions d'euros. Les grands groupes souffrent. Les petits encore plus.

L'Union française de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles (UFBJOP), qui représente 3 600 entreprises en France et quelque 12 000 salariés, fait état de très nombreux ateliers en grande difficulté. Ces toutes petites structures ont beaucoup de mal à conserver leurs employés. Des mesures d'urgence viennent d'être prises par le gouvernement pour la mise en place de chômage partiel de longue durée dans ces ateliers. L'UFBJOP se félicite aussi de la création d'un fonds de formation continue pour certains professionnels comme les sertisseurs et les polisseurs.

Dans ce contexte assez tendu pour les bijoutiers, le Sénat, mobilisé par la sénatrice Catherine Dumas (UMP, Paris), a rejeté le 13 novembre un amendement au projet de la Sécurité sociale pour 2010, qui visait à taxer les ventes de métaux précieux, de bijoux, d'objets d'art et d'antiquités.

Nicole Vulser
 
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Le vol chez le joailler Chaumet estimé à 1,9 million d'euros

Le montant du vol de pierres précieuses commis vendredi dernier chez le célèbre joaillier parisien Chaumet s'élève à 1,9 million d'euros, a-t-on appris mercredi de source policière.

Chaumet a procédé à un inventaire précis des pierres dérobées, dont la plupart n'étaient pas encore enchâssées.

Vendredi en milieu de matinée, deux hommes armés se sont emparés des joyaux, contenus dans un coffre situé au deuxième étage du bâtiment, à proximité des ateliers où les pierres sont travaillées.

Les deux hommes, qui avaient peut-être des complices à l'extérieur, étaient casqués et semblaient bien connaître les lieux car l'opération a duré moins de cinq minutes, dit-on de même source.

L'enquête a été confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRB), chargée de la lutte contre ce type de vols.

Nicolas Bertin, édité par Gilles Trequesser

©2009 Le Point. Tous droits réservés.

Enchères: record à Genève pour un diamant vert

Un diamant vert vif de 2,52 carats a été adjugé mardi soir à Genève à un acheteur asiatique pour un prix de 3,07 millions de dollars. Il s'agit d'un record au carat, a-t-on appris mercredi auprès de la maison de vente aux enchères Sotheby's.

Le prix auquel a été vendu le diamant vert mardi soir n'a jamais été atteint, a indiqué Sotheby's dans un communiqué, qui ne dévoile pas l'identité du propriétaire ni celle de son acquéreur. Le diamant, taillé en coussin, était le plus gros diamant de couleur vert vif - soit le plus vert - jamais offert aux enchères, selon Sotheby's.

Dans l'univers des diamants de couleurs, les verts et les rouges sont de loin les plus rares, selon les experts de la maison aux enchères. Ces derniers estimaient le prix du diamant à un montant oscillant entre 3,1 et 5,1 millions de dollars.

"Seuls un nombre très restreint de diamants présentent la véritable couleur verte et l'absence de couleurs secondaires bleuâtres, grisâtres ou jaunâtres comme celui-ci", explique Sotheby's. Le dernier diamant vert vif vendu par Sotheby's date de 1999. Il pesait moins d'un carat (0.90 carat) et avait été vendu pour un montant de 662.500 dollars.

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L'avenir des diamants est plus capricieux qu'éternel

Il aurait dû battre un record. Peut-être est-ce là ce qu'attendait son propriétaire qui, au travers de la maison Sotheby's, tentait, lors de ses enchères d'automne à Genève, de vendre un splendide diamant bleu de 5,96 carats. Las!

La merveille n'a pas trouvé preneur à la différence d'autres diamants de couleur mis en vente ce jour-là. Peut-être son prix, proche des 6 millions de francs, a-t-il fait peur. Et pourtant, le vendeur comme son intermédiaire pariaient sur une nouvelle pêche miraculeuse. En mai dernier, un autre diamant bleu, négocié par Sotheby's, crevait le plafond. Pour ces 7,04 carats d'un bleu exceptionnel, d'une pureté inégalée, un homme d'affaires de Hongkong avait accepté de débourser la somme vertigineuse de 10 498 500 francs suisses.  

Un site exceptionnel

La pierre, tout comme celle qui était en vente il y a deux jours, venait de la mine de Cullinan, en Afrique du Sud, un site exceptionnel. C'est dans cette même mine qu'a été découvert en septembre un gigantesque diamant blanc de… 507 carats. Son propriétaire, Petra Diamonds Ltd, n'a pas encore décidé quand elle le commercialisera.

Dans l'immédiat, cette société entend surtout accroître sa participation dans la mine de Cullinan qu'elle a commencé à racheter au numéro un mondial, de Beers, en 2007, avec une première enveloppe de 125 millions de dollars. Hier, sa direction a annoncé son intention de lever 100 millions de dollars supplémentaires pour doubler sa participation dans la mine et l'amener à 73%.

Pierres rayées par la crise

C'est dire que Petra Diamonds a plus confiance que jamais dans les rendements annoncés de ce filon. Cullinan contiendrait l'équivalent de quelque 204,6 millions de carats. La production annuelle de la mine approche actuellement le million de carats. Petra Diamonds aimerait voir ce chiffre passer à 2,6 millions de carats.

Cette volonté d'augmenter la production ne concerne pas seulement cette société. Mais également toutes les autres. Une volonté d'autant plus étonnante que le diamant revient de loin. Si même il en est revenu. La crise économique ne l'a pas épargné. Les ventes au détail ont plongé, avec généralement toutes celles de la bijouterie. Un symptôme particulièrement évident aux Etats-Unis. Du côté des producteurs, il a donc surtout fallu éviter de participer à l'engorgement du marché.

Mais aujourd'hui que la conjoncture semble enfin décidée à se retourner – dans le bon sens – la question surgit pour les producteurs de diamants de l'opportunité de relever la production. Le prix des diamants bruts aurait repris 40% depuis février. En revanche, les ventes de détail souffrent encore.

Elles pourraient ne pas dépasser 65 milliards de dollars en 2009 contre 74 milliards en 2008. On le voit, les intermédiaires sont pris entre deux feux. Des diamants taillés qui peinent à se vendre et des diamants bruts toujours plus chers. C'est donc pour les soulager que les producteurs envisagent aujourd'hui d'augmenter la production.

Mais le doute est là. Car le marché a beaucoup changé ces dernières années. Le scandale des diamants de la guerre a laissé des traces. Les Etats-Unis, 40% du marché mondial du diamant taillé avant la crise, pourraient ne plus jouer les locomotives, tandis que les pays émergents ne montrent pas encore de goût affirmé pour les gemmes les plus chères.

Seules certitudes: Internet semble être toujours plus privilégié pour l'achat de diamants au détail et les objets exceptionnels semblent s'affirmer comme des investissements refuges. A moins que le diamant bleu, malheureux à Genève, ne démontre le contraire.

Pierre-Yves Frei

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Catherine Dumas : "Taxer l'or et les bijoux aurait été une fausse bonne idée !"

La Sénatrice de Paris et Présidente de l'amicale parlementaire HBJOP (Horlogerie, Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie, Pierres & Perles), Catherine DUMAS, est intervenue au Sénat, vendredi soir, pour s'opposer à l'adoption d'une nouvelle taxe sur la vente des métaux précieux et bijoux.

En effet, le secteur HBJOP subit la crise de plein fouet et négocie d'ailleurs depuis plusieurs mois avec le gouvernement des solutions et des financements pour les aider à surmonter leurs difficultés et éviter la fermeture de nombreux ateliers. Le projet de taxe sur l'or et les bijoux était donc pour Catherine DUMAS « une fausse bonne idée ».

Par ailleurs, comme l'a très justement rappelé la Ministre de la Santé et des Sports, Roselyne BACHELOT, le Premier Ministre, François FILLON, dans le discours qu'il avait prononcé à Matignon le 19 octobre dernier, lors de la remise du rapport parlementaire de Catherine DUMAS sur « Les métiers d'art, d'excellence et du luxe », avait été très positif sur l'avenir des entreprises de cette filière, les présentant même comme des « vecteurs essentiels de croissance » pour notre pays.

Le projet de taxation suscitait donc légitimement l'incompréhension totale du côté des professionnels. «Taxer ce secteur, c'était l'assurance d'ajouter les noms de quelques milliers de chômeurs supplémentaires sur la prochaine liste de Pôle Emploi » a rappelé la Sénatrice de Paris en soulignant que ce secteur professionnel compte 3048 entreprises et emploie plus de 11OOO salariés en fabrication répartis sur deux pôles d'activité principaux : l'Ile de France et Rhône-Alpes, et plus de 12000 en vente sur toute la France.

Le vote du Sénat qui repousse l'amendement de la Commission des affaires sociales était donc très attendu par les professionnels. Il est accueilli avec satisfaction et soulagement car, même s'il ne règle pas les difficultés du secteur HBJOP, il évite au moins d'aggraver dramatiquement la situation.

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Bijoux fous, bijoux faux

 
On les dit "fantaisie", mais certaines pièces des paruriers et couturiers français des années 1950 à 1980 sont parfois de véritables oeuvres d'art. Abordables qui plus est! Une bonne raison pour se mettre à les collectionner...

Cela ressemble à des rubis, cela a la couleur des rubis, mais c'est du verre facetté... En ces périodes de crise, optons joyeusement pour le bijou fantaisie! D'autant qu'il affiche une audace, une liberté que l'on ne trouve pas toujours en joaillerie. Cela dit, entendons-nous sur le terme "fantaisie". Nous ne voulons pas du toc, nous célébrons le faux, certes, mais le vrai faux. Les accessoires d'après guerre évoqués ici étaient destinés aux couturiers et sortaient des blanches mains de nos artisans.

Admirez: cristaux taillés comme des gemmes, sertis dignes des joailliers, chaînes de métal bouclées en queue-de-cochon - pour éviter qu'elles ne se dénouent -strass argenté... Travail d'orfèvre! "Hélas! les paruriers français disparaissent les uns après les autres", pleure Patrick Sigal, collectionneur et marchand, dont la galerie Ciel mes bijoux! défend, de Bruxelles, les créations de chez nous. "La mode, déjà, fait appel à des fabricants étrangers."

Quelques-uns de nos artisans résistent. Sauvée de justesse, Gripoix, quatrième génération aux commandes: la maison est renommée pour ses émaux de verre aux coloris exquis et son art de nacrer les fausses perles.

Robert Goossens est octogénaire, son atelier va-t-il demeurer? Grâce à la société Chanel, qui le cajole dans son giron, il semble pour le moment à l'abri. Ce sont leurs oeuvres qu'il faut traquer. Et vite! Déjà les modèles pour la haute couture entrent dans les musées. La prestigieuse galerie des bijoux du musée des Arts décoratifs à Paris n'accueille-t-elle pas ces fantaisies? Les broches naturalistes de Roger Jean-Pierre, dont les compositions en pierres taillées du Tyrol inspirent un certain joaillier de la place Vendôme (devinez lequel); les parures du délicat Scemama, qui ornaient les tenues de Balenciaga ou de Jacques Fath... Autant de pièces qui furent offertes par une collectionneuse, Barbara Berger, américaine, folle de faux joyaux et fille de diamantaire... On appréciera l'ironie.

Oui, la création pour la haute couture, la pièce unique qui servira le temps d'un défilé, se fait rare sur le marché. Elle se négocie à prix d'or -dépassant notre barre fatidique des 1 000€; elle s'échange entre initiés, armés d'une lourde documentation qui permet d'identifier les auteurs. Car, évidemment, les paruriers ne signaient pas leurs ouvrages, ils restaient dans l'ombre. Pas plus que les couturiers n'apposaient leur nom. Dans l'impatience de dévoiler leur collection, ils choisissaient les accessoires chez l'un ou l'autre des artisans, et hop! sur les podiums. Les signatures, celles d'un Dior ou d'un Saint Laurent, apparaissent dès lors que le bijou est diffusé en boutique. Le prêt-à-porter, voilà ce que nous allons chercher. Une mine!

Les créations de Chanel sont légion. C'est Mademoiselle Chanel, nul ne l'ignore, qui mit en valeur le colifichet fantaisie, fustigeant, de ce mot légendaire, les dames qui promenaient fièrement leurs rivières de diamants: "Autant porter un chèque autour du cou!" Allègrement, elle mélangeait joyaux authentiques et pacotille. "Les clientes ne veulent que Chanel!" constate, avec quelque tristesse, Isabelle Klein, dans son magasin plein de charme et d'accessoires de mode, au marché aux puces.

Surtout depuis la sortie des films consacrés à Coco. Pour porter une marque, les snobs dépensent sans hésiter 600, 800€. "Elles s'arrachent les sautoirs, les chaînes, les ceintures dorées... bref, tout ce qui pend et fait bling-bling: très 1980", poursuit Isabelle Klein. Alors, soyons finaudes, remontons le temps, lorgnons du côté des années 1950 et 1960.

Les modèles d'alors sont si féminins! On en voit de toutes les couleurs. Colliers en collerette, dont les pierres -cristaux de Swarovski ou strass- descendent en cascade ; ils épatent la galerie, promis! (autour de 400€). Les ras-de-cou formés de perles s'enroulent sur quatre, voire cinq rangs. ô combien élégant.

En portant un bracelet manchette (le genre revient en force), réalisé pour Carven ou Sonia Rykiel, vous brillerez à peu de frais (de 250 à 300€). Fouillons dans le fonds d'atelier du parurier Woloch qu'Isabelle vient d'acquérir: des boucles d'oreilles sont affichées à partir de 30€. Pourquoi se priver? On y découvre également des colliers de perles produits pour Hechter. Les couleurs flashy des sixties, on adore.

Guettez aussi ce nom: Jacques Gautier, artiste de l'artifice. On commence à le monter en épingle. Autre filon: le bijou américain ou costume jewelry. Il est né au moment de la Grande Dépression, il fait florès après la guerre, dans les corners des grands magasins aux Etats-Unis. Quelques décennies plus tard, il traversait l'Atlantique pour débarquer chez nos brocanteurs. Certes, quelques créateurs sont déjà très prisés. Miriam Haskell, notamment. Une modiste dont on reconnaît les oeuvres à leur style "rocaille": des perles de verre montées sur fils dorés et tressés, travail en filigrane inspiré de Byzance et de l'Inde.

Au firmament, on rencontre aussi Joseff, dit, avec modestie, Joseff of Hollywood. Enseigne méritée: il décora les stars du cinéma, à la ville comme à l'écran, Vivien Leigh dans Lady Hamilton ou Katharine Hepburn dans Mary Stuart. En ce temps-là, les bijoux d'imitation, articles de nouveauté, prolifèrent. Ils sont signés Boucher, Coro, Eisenberg, Hattie Carnegie, Hobé, Trifari... Encore une fois, remarquons la qualité de l'exécution. Et pour cause: certains créateurs étaient formés aux techniques de la joaillerie. Marcel Boucher fit son apprentissage chez Cartier. La maison Trifari employa un dessinateur, Alfred Philippe, qui avait travaillé pour Van Cleef & Arpels à Paris. Voilà ses broches en pierres du Rhin qui ne demandent qu'à passer pour des améthystes (proposées à 175€). Le violet est à la mode, vous le savez. Kitsch ? Original!

Concluons par ce conseil que nous donne, généreuse, la collectionneuse Barbara Berger: "N'achetez jamais une pièce en mauvais état. La verroterie ne se répare pas. Qu'une fausse turquoise, qu'une bille de verre nacrée, vienne à manquer, elle ne pourra pas être remplacée. Contrairement aux pierres précieuses..."

Laure Colineau

©2009 L'Express. Tous droits réservés.

Un vol minutieusement préparé chez le joaillier Chaumet

Le scénario de ce vol extrêmement bien préparé commence en banlieue à Vitry-sur-Seine. A 8 heures et demi vendredi matin, une employée de la joaillerie Chaumet sort de chez elle pour aller travailler, quand elle est agressée en pleine rue. On lui arrache son sac à main, dans lequel se trouve un précieux badge magnétique qui donne l'accès aux bureaux du joaillier, place Vendôme.

Au moment où l'employée dépose une main courante au commissariat de Vitry, deux malfaiteurs armés et casqués arrivent sur la célèbre place, juste en face du ministère de la Justice. Les deux voleurs savent exactement où aller : ils traversent deux cours intérieures, ouvrent la porte sécurisée grâce au badge dérobé et montent directement dans les bureaux, au 2e étage, là où se trouve un coffre fort.

Les deux auteurs du casse se font alors remettre tout un stock de pierres précieuses. Ils s'enfuient moins de cinq minutes plus tard, par un parking souterrain qui donne derrière le bâtiment, sur la rue Saint-Honoré, semble-t-il.

L'enquête, confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRB) devra s'attacher à déterminer le préjudice exact et à examiner avec précision les circonstances de ce vol qualifié de "très audacieux" par une source policière et de "peu classique dans son mode opératoire".

Il faudra plusieurs jours pour connaître le montant exact du butin mais il a été estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros.

Guillaume Biet

©2009 Europe1. Tous droits réservés.

« Icy Diamonds » ou « l’équilibre du déséquilibre »

 
Le diamant blanc ou fancy white est opalescent et translucide, il est rarement opaque. Il contient une myriade de cavités dues à des conditions de croissance particulières. Si l'on compare cette formation à celle d'un diamant « normal », on ne peut que constater qu'il s'agit là d'une « pierre à défauts». Mais elle est, de par son homogénéité, le résultat d'un déséquilibre parfait. Tous les diamants sont métastables, c'est-à-dire, qu'ils ne pourraient pas se former dans les conditions qui règnent à la surface de la planète. Il a fallu qu'ils remontent à la surface à très grande vitesse (mach 2) afin de ne pas être altérés au contact des roches. C'est un des miracles de la nature.
 
Mais le diamant laiteux, grâce à « l'équilibre du déséquilibre » au cours de sa croissance est un événement géologique aussi rare et spécial, car son équilibre est plus délicat. Il est un miraculé de la nature.
 
Le résultat de cette formation est une pierre, ainsi que nous l'avons évoqué plus haut, translucide, contenant des millions de cavités. Celles-ci permettent une diffusion de la lumière qui confère au diamant milky, lorsqu'il est taillé, un aspect opalescent. Il conserve toutefois, en le rendant plus doux, une partie de l'éclat du diamant « normal ».
 
Les particules ou cavités qui habitent ces diamants peuvent, en effet, parfois filtrer la lumière et n'en laisser ressortir que certaines longueurs d'ondes. Grâce à ses «défauts », la lumière est diffusée dans la pierre et ainsi, selon sa nature physique, il en émanera des ondes de différentes couleurs. Celles-ci sont fonction d'importance des énergies absorbées par la matière (crèmes, jaunes, cognac, grises…). Plus les inclusions sont denses, plus la couleur est perceptible.

On a pendant longtemps ignoré la nature de ces inclusions. Mais Emmanuel FRITSCH, dans un article de la revue Gems & Gemology de 1992, dévoile la présence d'hydrogène dans les cavités. Ce sont en fait des fractures discoïdales d'hydrogène qui sont à l'origine de la couleur blanche du diamant. Il mentionne une recherche du G.I.A. qui a testé trois diamants blancs opalescents et qui confirme qu'ils se caractérisent par une forte concentration d'hydrogène.
 
©2009 Guide-Joaillier. Tous droits réservés.

Dans les mines de diamants…

 
En République démocratique du Congo, de nombreux enfants travaillent dans les mines de diamants. Ils mettent leur vie, leur santé et leur avenir en danger. Alessandra Dentice, responsable de la protection des enfants au bureau de l'Unicef en RDC, nous parle de ce phénomène dramatique.

Combien d'enfants travaillent actuellement dans les mines de RDC ?
Nous ne savons pas précisément combien d'enfants sont impliqués dans ce travail. Une étude de 2006 donnait environ 43 880 enfants dans les mines dans la zone Sud , avec 12 000 dans le Kasaï Occidental, 11 880 dans le Kasai Oriental et 20 000 dans le Katanga. Mais cela reste très flou aujourd'hui. Certains de ces enfants travaillent dans les mines toute la journée, d'autres vont à l'école une partie de la journée. D'autres encore travaillent dans les commerces autour de ces exploitations minières. Et il y a aussi des mines plus à l'est, dans la zone de conflits !

Quels risques pour ces enfants qui descendent dans les mines ?

Ils sont dans une situation de risque extrême. Sous terre, ils manquent d'air, ils développent des maladies des poumons, des emphysèmes… Ils descendent parfois jusqu'à 70 mètres de profondeur! Ces enfants évoluent dans de toutes petites galeries et les exploitants leur donnent simplement de l'aspirine. Certains de ces enfants deviennent ensuite accros à ce médicament ou à d'autres. Et l'avenir de ces jeunes travailleurs est compromis : ils sont nombreux à ne pas aller à l'école.

Mais il faut aussi parler de la prostitution dans ces zones. Des filles mineures se prostituent. Elles ont pour clients les hommes qui travaillent dans ces mines de diamants. 

Comment aider ces enfants ?
Travailler avec ces enfants est très difficile car le tissu socio-économique est fragile. Ces régions sont très pauvres, le travail à la mine pour les enfants va donc de soi dans de nombreuses familles et communautés. Il y a donc tout un travail de plaidoyer et d'information à faire pour montrer qu'il existe d'autres opportunités pour les enfants. Nous essayons donc aujourd'hui d'aller plus loin qu'une simple prise en charge – éducative, médicale, psychosociale - de ces jeunes. Il faut  dialoguer avec les chefs de village, qui sont souvent les autorités principales de gestion des mines. Leur expliquer que ce travail à la mine est un vrai danger pour les enfants. C'est un travail de très longue haleine.

Vous parlez d'autres opportunités pour ces régions?
Nous travaillons en ce moment avec la FAO (Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour développer les opportunités agricoles en RDC. Nous travaillons avec les autorités, les partenaires dans le pays pour développer ce secteur. Il faut lutter contre la fragilité économique qui touche le pays et donc les enfants.

©2009 Unicef. Tous droits réservés.

Le secteur belge du diamant note une reprise un an après la crise

 
Des chiffres officiels annoncés pour octobre par Antwerp World Diamond Centre Diamond Office, il ressort que l'importation et l'exportation de diamants bruts et de diamants taillés connaissent une certaine reprise.
En octobre 2009, 645.054 carats de diamants polis pour une valeur totale de 785,5 millions de dollars ont été exportés. Pendants les dix premiers mois de 2009, la Belgique a exporté 7,5 millions de carats de diamants polis pour une valeur de 10,7 milliards de dollars. Comparés aux chiffres 2008 pour la même période, ces résultats montrent une baisse de respectivement 19,9 et 33,5 pc. Le secteur diamantaire n'en décèle pas moins une reprise du marché en octobre. Les plus gros importateurs de diamants belges sont les Etats-Unis, suivis de Hong Kong puis d'Israël, des Emirats Arabes Unis, de la Suisse, de l'Inde, du Royaume-Uni, de la Chine, de l'Italie et de la France.
 
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Relookage provisoire du diamant Hope

 
On peut être le diamant le plus étincelant, le plus précieux, le plus prestigieux et se voir encore comblé...Comme l'est le fameux Hope, qui trône aujourd'hui au Musée national d'histoire naturelle du Smithsonian Institute.

On s'apprête actuellement à célébrer le cinquantenaire de la donation de l'illustre diamant Hope (le plus gros diamant bleu du monde) par la non moins célèbre maison de joaillerie Harry Winston. Cette dernière a pris à sa charge de marquer cet anniversaire d'or en parant la pierre d'atours complètement neufs. Et c'était un défi que de créer une monture moderne qui donnerait un aspect différent à cette pierre légendaire, ayant eu la réputation d'avoir été «maudite », ses propriétaires successifs ayant connu une fin pas très heureuse. De nombreux designers se sont attelés à cette tâche de relookage. Finalement, les responsables de l'opération ont retenu trois projets dont les titres ont joué sur le mot Hope (espoir): «Renewed Hope», (Espoir renouvelé), «A Journey of Hope» (Un voyage d'espoir) et «Embracing Hope» (Étreindre l'espoir). Ces trois visions ont joué sur le contraste entre le bleu profond du diamant, sa brillance et l'apparence plus tempérée de baguettes de diamant blanc.
«Voyage d'espoir» (portant la signature de Maurice Galli, le seul de la firme à avoir travaillé avec Harry Winston, décédé, lui, en 1978), qui est le symbole de l'expérience américaine, apparaît comme le nœud reliant deux rubans de baguettes de diamant de différentes formes. Pour Galli, c'est là la croisée des chemins de l'espoir et des opportunités. Il signe également une autre version, intitulée «Étreindre l'espoir » : trois rubans de diamant enlaçant la fameuse pierre, alors que celle-ci est pour la créatrice Rie Yatsuki la source d'une cascade en diamant qui dit «L'espoir renouvelé». Il reviendra au musée de choisir l'une de ces représentations qui sera montée et ensuite exposée au printemps prochain pour un temps limité. Puis, le Hope reprendra sa forme initiale. Et, au lieu de désigner un comité de sélection, le musée laissera le public choisir par voie de vote (via un site Internet) l'une de ces visions.
 
 
44, 52 carats et 300 ans d'âge
Le Hope est un diamant bleu de 44,52 carats qui provient des Indes. Il a été ramené en France par un marchand, Jean-Baptiste Tavernier, qui le vend à Louis XIV. La légende du diamant, régulièrement relancée, veut que la pierre ait été volée sur une statue de la déesse Sitâ. Pour cela, Tavernier aurait fini dévoré par des bêtes sauvages après avoir été ruiné (alors qu'il est simplement mort de vieillesse à Moscou, à 84 ans). Louis XIV fait tailler le diamant, qui passe de 112,5 carats à 67,5 carats, et le renomme «Bleu de France». Les successeurs de Louis XIV en font différents usages avant qu'il ne soit volé en 1792 et emporté en Angleterre où il est retaillé pour être plus facilement vendu. En 1824, la pierre est vendue à un banquier londonien, sir Henri Philip Hope, qui lui donne son nouveau nom. Son petit-fils, Henry Francis Hope Pelham-Clinton-Hope, l'hérite sous la forme d'une assurance-vie : il ne peut ainsi s'en séparer qu'avec l'autorisation du tribunal. Vivant au-dessus de ses moyens, il provoque la faillite de sa famille. Son épouse, l'actrice May Yohe, subvient seule à leurs besoins et lorsque le tribunal les autorise à vendre le diamant, elle part aux États-Unis où elle le revend un an plus tard. Il passe successivement à Pierre Cartier, fils du célèbre joaillier Louis Cartier, à Evalyn Walsh McLean et, enfin, au joaillier Harry Winston (de 1949 à 1958), qui en fait don au Smithsonian Institute de Washington. Afin de rendre le transport de la pierre le plus discret possible, Winston l'envoie au Smithsonian par voie postale, placée dans une simple enveloppe papier brun. Depuis, le Hope est toujours là, plus précisément dans une pièce qui lui est réservée. Et il reste le plus gros diamant bleu jamais vu à ce jour, même après la découverte des fabuleux gisements d'Afrique, de Sibérie, d'Australie, du Brésil et du Canada.
 
Irène Mosalli
 
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Cabinet de curiosités

Vanités, araignées, crapauds… Nos bijoux se parent de leurs plus effroyables atours pour nous incarner dans toute notre fragilité et rendre, paradoxalement hommage à la vie. Notre funeste sélection.

Il y a quelques semaines seulement, le Musée des Arts Décoratifs de Paris accueillait, dans sa collection permanente, deux créations de la jeune joaillière Delfina Delletrez. Une reconnaissance prestigieuse, certes, mais surtout une occasion de dévoiler des joyaux baroques et décalés, hommages à la mort et à un bestiaire fantasmagorique.

Une audace dans un univers où le rêve et le raffinement tendent à célébrer la vie et ses heureux événements ? Pas vraiment, car la joaillerie et la mort vont depuis toujours de paire, nous rappelant, à chaque (mal)heureuse occasion, que nous ne sommes qu'éphémères.

Memento Mori
Un crâne ornemental posé sur une table, une trace apparemment anodine de notre fragilité dans une scène du quotidien… L'école hollandaise du XVIIème siècle avait fait de la mort tout un art : celui des vanités. Leur objectif : nous rappeler notre impermanence et nous encourager par la même occasion à savourer la moelle substantielle de la vie tant que nous en avons encore l'occasion.

Aujourd'hui, la mort, thème éternelle, hante toujours l'esprit des créateurs et se décline sur nos bijoux pour incarner, les plus précieuses des vanités. Design chez
Lorenz Bäumer, presque rococo chez Victoire de Castellane qui parent, pour Dior Joaillerie, ses trépassés royaux de collerettes démesurées, grinçante chez Lydia Courteille qui pense un ronde macabre endiablée, la mort nous pare de son spectre sublime.

Surmonter nos peurs et célébrer la vie
Pourtant, loin de nous accabler d'une certaine résignation, le cabinet de curiosités joaillier devient porteur d'espoir, comme nous l'a d'ailleurs enseigné l'Histoire. Dans l'Egypte Ancienne déjà, le bijou accompagnait le défunt dans sa dernière demeure, se faisait émissaire d'un message à l'au-delà : le vert symbolisait de fertilité, le rouge incarnait le sang. L'accessoire prolongeait la vie… éternellement.

Et si aujourd'hui nos joyaux prennent rarement part à nos rites funéraires, ils viennent, de notre vivant, exorciser nos démons et nos peurs primitives. L'or noir et l'améthyste donnent un nouvel éclat à une palette endeuillée et les mauvaises augures se dévoilent sous un nouveau jour.

Les squelettes jouent la carte de l'humour ou de la démesure chez Delfina Delettrez, tandis que les rôdeurs de nos nuits, araignées ou chauve-souris, se parent, chez Boucheron et Chaumet, de pierres de couleurs pour devenir des outils de séduction et de célébration de l'amour.

La mort et la peur s'affichent de manière ostensible et viennent exacerber notre force de caractère. « Je ne crains rien, ni personne… », semblent revendiquer nos parures tout en célébrant par des pierreries éternelles, les plus doux moments de vie. Finalement, la mort nous va si bien.

Véronique Deiller
 
©2009 Psychologies - Tous droits réservés.

L'American dream de Van Cleef & Arpels

L'EXPRESS - 26.10.09

Une collection de haute joaillerie sur le thème de la Californie, une prochaine rétrospective à Tokyo... Cet automne, le bijoutier de la place Vendôme multiplie les voyages.

En 1939, la famille Van Cleef & Arpels ferme son adresse de la place Vendôme et émigre à New York pour échapper au nazisme. Un bureau au Rockefeller Center, un magasin sur la très luxueuse 5e Avenue, puis des succursales à Palm Beach, Beverly Hills... Les Etats-Unis deviennent bientôt la seconde patrie du joaillier français et son marché de prédilection.

Dans le studio de création new-yorkais sont dessinés des modèles exclusifs pour sa riche clientèle d'héritières et de stars, tels ces ballerines ou ce clip fée aux ailes de diamants qu'on dirait échappés d'un film de Walt Disney, acquis en 1944 par Barbara Hutton.

2009: alors que les images de la crise financière ont terni les couleurs du rêve américain, Van Cleef & Arpels célèbre en format Cinémascope et haute joaillerie ses soixante-dix ans de présence sur le sol des Etats-Unis.

Lancée en grande pompe le 15 octobre dernier à Malibu, California Rêverie est donc une sorte de voyage halluciné sur la côte Ouest des années 1960-1970. Un trip imaginaire sur la célèbre nationale n° 1 -où défilent en version bijou panoramique la baie brumeuse de Big Sur, les palmiers de Venice Beach- entrecoupé d'escapades botaniques dans les grands parcs naturels de la région (Yosemite, la Vallée de la Mort, le désert Mojave...).

Alors, pourquoi le Grand Ouest sauvage plutôt que les forêts de gratte-ciel de New York, la easy life californienne plutôt qu'un certain intellectualisme très côte Est? Le roi de la joaillerie narrative et naturaliste s'explique: "Nous voulions sortir de nos grandes thématiques universitaires, l'Atlantide de Platon, Le Songe d'une nuit d'été, de Shakespeare, pour aborder un mythe plus populaire. Il s'agissait aussi de retrouver ce regard optimiste et dénué de cynisme des Américains", explique Nicolas Bos, directeur international de la création de Van Cleef & Arpels.

A travers ces lunettes roses, la nature, sujet fétiche de la maison fondée en 1906, prend donc la pose en format géant. Un grand disque d'opale de près de 100 carats aux feux orangés sur lequel se détachent un palmier en diamants et une mer de saphirs... On frise le cliché de carte postale.

Car, avec ses bijoux composés comme des paysages en 3D, California Rêverie est un hommage à la photographie. Américaine en l'occurrence. William Eggleston et ses couchers de soleil, la beauté sauvage des grands parcs naturels immortalisés par Ansel Adams qui ont inspiré des bracelets panoramiques : vues en mosaïques d'onyx du désert craquelé de la Vallée de la Mort fleuri de cactus ou du lac Tahoe revisité en version psychédélique. Les années 1960-1970, époque de création joaillière particulièrement inventive, ont ainsi servi de base à cette collection riche de 150 dessins. Ressortis des archives du studio new-yorkais: les bijoux aux dimensions XXL comme ces larges manchettes ou ces immenses sautoirs à grosses perles de calcédoine, les associations de pierres dures et fines comme la turquoise avec l'améthyste, le corail et le grenat mandarin.

Les couleurs aussi, plus intenses qu'ailleurs sous la lumière de Californie. Le bleu "Splash" des piscines peintes par David Hockney qui perle au bout d'une paire de boucles d'oreilles, le rose du plumage d'un flamant, de l'orange vibrant, du vert émeraude... "La grande difficulté était de ne pas tomber dans la fantaisie", avoue Nicolas Bos. Mais ces pièces uniques ont lancé aussi des défis techniques à la cinquantaine d'artisans qui travaillent depuis un an à leur réalisation.

Dans les ateliers de la maison, place Vendôme, les opales, que leur nature friable a placées du côté des gemmes maudites, ont donné du fil à retordre aux lapidaires. De ces pierres brutes, il a fallu faire éclore des fleurs évanescentes dans lesquelles vient butiner un colibri précieux, faire surgir le corps d'un toucan de ce bloc d'onyx. "Cela faisait longtemps que nous n'avions pas sculpté des pierres ornementales dans des formes si complexes. Ce qui nous a valu pas mal de casse", raconte Nicolas Bos. Mais en attendant le retour de la collection à Paris, au printemps prochain, Van Cleef & Arpels s'évade déjà vers Tokyo. Ainsi, le Mori Arts Center accueillera du 31 octobre 2009 au 17 janvier 2010 une grande rétrospective (plus de 250 pièces exposées) dédiée au joaillier. Le prélude à une prochaine rêverie orientale?

Charlotte Brunel

©2009 L'Express. Tous droits réservés.